Les agriculteurs en devenir sont nombreux à choisir l’Estrie!

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Oui, il y a de la relève dans le milieu de l’agriculture. Au Québec, pas moins de 1 400 aspirants agriculteurs se sont inscrits à l’ARTERRE, un service de maillage axé sur l’accompagnement et le jumelage entre aspirants agriculteurs et propriétaires. Sur les quelque 1 400 inscrits, 400 se sont qualifiés. Notons que 103 d’entre eux ont un intérêt pour l’Estrie.

« Un aspirant sur 4 choisit l’Estrie, c’est une bonne nouvelle et ça veut dire que notre région est attrayante, indique Lyne Desnoyers, agente régionale de l’ARTERRE en Estrie. Nos terres ne sont pas encore dispendieuses. Même si nous sommes très près des grands centres, nous pouvons comparer nos prix à ceux du Lac-Saint-Jean et du Bas-Saint-Laurent. Nous avons aussi beaucoup d’avantages concurrentiels. Notre région est belle et attrayante. Nous avons tous les services nécessaires à portée de main, nous avons une bonne équipe d’experts dans le milieu agricole et nous sommes tout près des États-Unis. Il faut dire que plusieurs maraichers font de la mise en marché chez nos voisins du Sud. »

Et comment peut se qualifier un aspirant agriculteur pour l’ARTERRE? Par son profil et son projet, souligne Mme Desnoyers.

« Est-ce que notre aspirant a une formation en agriculture? Est-ce qu’il a de l’expérience en gestion et en agriculture? Est-ce qu’il a la fibre entrepreneuriale? Nous vérifions aussi s’il peut mettre une mise de fonds, s’il a un plan d’affaires et s’il possède un réseau de contacts professionnels », explique Mme Desnoyers, qui précise que l’aspirant n’a pas besoin d’avoir toutes ces qualifications, mais qu’il doit en posséder au moins trois ou quatre.

En Estrie, jusqu’à présent, 17 jumelages ont été réalisés (une quarantaine dans la province).

Mais qui sont ces jeunes aspirants agriculteurs? Proviennent-ils généralement du milieu agricole? « Ceux qui se dirigent en production animale proviennent davantage du milieu agricole, répond Mme Desnoyers, mais ceux qui choisissent la production horticole viennent d’autres milieux. Par exemple, parmi ceux qui étudient en production horticole au CRIFA, aucun ne provient du milieu agricole. »

D’ailleurs, les transferts familiaux se font de plus en plus rares, selon Statistique Canada, qui écrit que « bien que l’âge moyen des exploitants agricoles canadiens ait augmenté, seulement une exploitation sur 12 a déclaré avoir un plan de succession officiel qui détaille comment l’exploitation sera transférée à la prochaine génération d’exploitants agricoles. »

Notons qu’au Québec, l’âge moyen des agriculteurs est de 53 ans (55 ans au Canada). « Il y a plusieurs producteurs de plus de 70 ans, souligne Mme Desnoyers. Sur ce lot, plusieurs ne sont pas prêts à vendre, car ils ont de la misère à accepter le fait que la succession ne sera pas dans la famille. Avec l’ARTERRE, notre but n’est pas de bousculer les exploitants agricoles. Nous voulons que le transfert se fasse avec un aspirant agriculteur en qui ils peuvent avoir confiance. »

Le Salon Agri-relève annulé

La 3e édition du Salon Agri-relève, qui devait avoir lieu le 9 avril au Cégep de Sherbrooke, a été annulée en raison des préoccupations dues à la COVID-19. La 3e édition aura lieu l’an prochain, au printemps 2021. Notons que cet événement s’adresse avant tout aux étudiants dans le domaine agricole, ainsi qu’aux aspirants agriculteurs qui se sont inscrits au service de maillage l’ARTERRE.

« La situation est trop incertaine pour ne pas annuler, explique Mme Desnoyers. On ne sait pas non plus si le Cégep de Sherbrooke (présentement fermé en raison du COVID-19) sera à nouveau disponible le 9 avril. Nous préférons annuler plutôt que de reporter l’événement, puisque les étudiants auront certainement du temps d’études à rattraper à leur retour, donc moins de temps pour prendre part à un événement. »

Notons que le comité organisateur de cette 3e édition était composé de Lyne Desnoyers, agente régionale de l’ARTERRE en Estrie (fédération de l’UPA-Estrie), Benjamin Boivin, David Beauvais et Maxime Lafond, du syndicat de la relève agricole de l’Estrie, Dominic Labrie, de la Financière agricole du Québec, Lise Marquis, notaire, Marie-France Audet, agente de développement agroalimentaire pour Pro-Gestion Estrie, Francesca Mûller, du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Philippe Pagé, de la Fédération de la relève agricole du Québec, Paul Villeneuve, enseignant au Centre de formation professionnelle de Coaticook, ainsi que Yvon Saint-Jean, enseignant au Département de gestion agricole du Cégep de Sherbrooke.

Rendez-vous sur la page Facebook Agriculture Sherbrooke, pour connaitre les dernières nouvelles du milieu agricole et pour en savoir plus sur les agriculteurs d’ici. Pour le projet ARTERRE, visitez le progestion.qc.ca.

Photo : La Miellerie de l’Estrie a réalisé cinq jumelages avec des fermes de Lennoxville et de Brompton.

 

 

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