« Nous récoltons à la main, même lorsqu’il fait -10 degrés! »

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Récolter ses légumes frais sous la neige, même si le thermomètre affiche -10 degrés, c’est possible? Certainement. C’est ce que font Antoine Doyon et sa conjointe Geneviève Blanchard, propriétaires de la ferme maraîchère Ölistik. Située sur le Chemin de la Rivière, dans le secteur de Brompton à Sherbrooke, cette petite entreprise fournit en carottes et en mélange de verdures douze épiceries au Québec, douze mois par année.  

Originaires de Sherbrooke, Antoine et Geneviève ont quitté pour Montréal le temps de leurs études universitaires. Lui, en géographie. Elle, en finance. C’est seulement qu’à leur retour dans la région, il y a cinq ans, que le couple a choisi de se lancer dans l’aventure de l’agriculture biologique.

C’est que les emplois en géographie se faisaient plutôt rares. Antoine a donc eu l’idée de créer son propre emploi, qui entremêle trois de ses passions. « J’aime le milieu de l’entrepreneuriat et j’ai toujours eu une passion pour l’agriculture, indique-t-il. De plus, dans la vie, je tiens à faire ma part pour l’environnement. »

La ferme maraîchère Ölistik a ouvert ses portes en 2015, sur un terrain de plus de 30 acres, dans le secteur de Brompton. « Au départ, on faisait des paniers biologiques avec une grande variété de légumes, explique Antoine. Depuis un an, nous nous concentrons sur la vente dans les épiceries en circuit court. On se spécialise dans les verdures et les carottes fraîches disponibles à l’année. Ce sont des produits habituellement importés. »

Le mesclun (bébé laitue) est produit dans des serres qui utilisent un système de géothermie. Quant aux carottes, surnommées la carotte bonbon, elles sont produites dans les champs, sous la neige.

« La production des carottes débute en août. Nous isolons la production avec du foin et, chaque semaine durant l’hiver, nous déneigeons et récoltons. Nous sommes les seuls au Québec à faire cette production à grande échelle. En ce moment, nous cultivons 500 livres de carottes, mais nous voulons monter à 3 000 ou à 4 000 l’an prochain. Nous utilisons pour le moment trois acres de terrain, mais il nous en reste encore trente à exploiter. Nous avons la place nécessaire. »

Ces carottes de 2 à 5 pouces de longueur ont leurs propres particularités. « Lors de la récolte, les carottes sont encore vivantes, mais il n’y a plus de croissance. Elles sont meilleures qu’en été, car le froid transforme l’amidon de la carotte en sucre. Elles sont donc plus sucrées l’hiver », explique le jeune agriculteur qui travaille à temps plein sur ce projet.

Notons que Geneviève, sa conjointe, y travaille à temps partiel puisqu’elle a un emploi dans le domaine de la comptabilité. Antoine peut cependant compter sur l’aide de Dave Proulx, un employé à temps plein, 12 mois par année.

Ölistik fournit à l’année en verdures et en carottes douze épiceries du Québec, soit quatre à Sherbrooke, une à Magog, une à Bromont et quatre à Montréal. Les produits sont vendus dans un emballage 100 % compostable.

Pour augmenter sa production, la ferme sherbrookoise devra cependant installer de nouveaux équipements. « En ce moment, nous récoltons à la main, même lorsqu’il fait -10 degrés! Alors pour être plus rentable, on regarde pour l’achat d’une récolteuse à carottes. »

Notons que durant l’été (et jusqu’aux premiers flocons), Ölistik fait aussi la récolte d’épinard, de coriandre, de persil, de bok choy et de melon d’eau.

Pour en savoir plus sur cette entreprise sherbrookoise, rendez-vous à fermeolistik.com. Pour lire d’autres histoires d’agriculteurs de chez nous, rendez-vous sur le site Web de Pro-Gestion Estrie ou sur la page Facebook Agriculture Sherbrooke.

Sur la photo, Dave Proulx (à gauche) et Antoine Doyon.

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