La fascinante histoire derrière le Bois Beckett

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En juillet 2000, le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles a conféré au Bois Beckett le prestigieux titre de Forêt ancienne. Située au cœur de la ville de Sherbrooke, cette terre d’environ 200 acres accueille de nombreux marcheurs, hiver comme été. Mais connaissez-vous l’histoire derrière ce milieu naturel?

Forêt privée appartenant à la Ville de Sherbrooke, le Bois Beckett a plusieurs particularités qui rendent l’endroit unique.

« Sa plus grande particularité est qu’une grosse partie est une forêt ancienne laissée à elle-même, c’est-à-dire qu’il n’y a jamais eu de coupes sélectives, explique Lucie Laflamme, ancienne membre du Regroupement du Bois Beckett, qui s’est particulièrement intéressée à l’histoire de cet endroit. Le fait que cette forêt ait été préservée dans un milieu urbain et que la population se soit tenue debout pour la préserver est aussi exceptionnel. »

Forêt classée zone de conservation intégrale, le Bois Beckett est un véritable habitat pour les insectes et les petits animaux de la forêt. Pas moins de 130 espèces d’oiseaux ont été recensées depuis 1970 jusqu’à aujourd’hui, dont la chouette rayée, le Jaseur boréal et le Piranga écarlate. Quant aux mammifères, le plus grand observé sur place est le Cerf de Virginie, mais on dénombre aussi le renard roux, le coyote, le porc-épic et le lièvre d’Amérique, entre autres.

Au cœur du bois, on y retrouve une vieille érablière, quelques concentrations de pruches, ainsi qu’un vieil arbre toujours vivant de presque 300 ans. On observe aussi une grande diversité de la végétation selon les secteurs, dont des plantes rares et une trentaine d’espèces d’arbres, tels que le frêne blanc, le peuplier, l’érable rouge, le sapin, les épinettes, le cèdre, le bouleau jaune et le bouleau gris. Notons que le bouleau gris est presque complètement disparu en raison de sa faible longévité.

On ne retrouve aucun aménagement à l’extérieur des sentiers actuels et on ne peut y abattre d’arbres, ni en extraire les arbres morts.

Aujourd’hui, les Sherbrookois et les visiteurs peuvent se promener à travers le bois, en empruntant l’un ou l’autre des huit sentiers, qui varient de 0,3 km à 2 km. Mais bien avant que la Ville achète le Bois Beckett, cet espace appartenait à la famille Beckett.

 

De retour en 1834

C’est en 1834 que le Major Henry Beckett et son épouse Caroline Bown ont acheté une terre de 100 acres à l’endroit même où se trouve aujourd’hui le Bois Beckett. En 1850, le couple achète 100 autres acres afin d’y exploiter une ferme et une érablière. En tout, pas moins de 120 acres de terrain sont défrichées pour l’agriculture et la culture des pâturages.

En 1875, la terre est léguée au plus jeune fils de la famille, Frederick James. Ce dernier y construit une résidence qu’il nommera The Willows, puisqu’elle est située au bout d’une rangée de saules.

Au décès de Frederick James, en 1922, la ferme revient à son épouse, puis à leur fils Frank George, quelques années plus tard. À son décès, en 1954, il lègue la propriété à sa sœur Cécilia Julia qui, neuf ans plus tard, la vend à la Ville de Sherbrooke, tout en y demeurant jusqu’en 1968. La maison familiale a été démolie cette même année par la Ville.

En juillet 2000, le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles a accordé à un secteur du Bois Beckett le titre de Forêt ancienne. Il s’agit du secteur de 6 hectares qui comprend des arbres de différentes classes d’âge.

Il s’agit d’un titre d’une grande importance, puisqu’il n’existerait maintenant que deux forêts anciennes en milieu urbain au Québec, l’autre étant le boisé Papineau, situé à Laval. Notons qu’une forêt est conférée ancienne si les peuplements n’ont pas été modifiés par l’homme et s’ils n’ont subi aucune perturbation majeure récente.

 

Sources: Le Regroupement Bois Beckett, boisbeckett.org, Ken Dubé (vice-président du comité d’administration du Regroupement du bois Beckett) et Lucie Laflamme, ancienne membre du Regroupement du Bois Beckett.

 

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