La forêt, une richesse à découvrir à Sherbrooke

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Saviez-vous que 50% de la superficie de Sherbrooke est occupée par des forêts? Que le milieu forestier procure pas moins de 8 500 emplois en Estrie?  Le domaine forestier est méconnu du public, mais il est pourtant très riche en histoire et son évolution est impressionnante.

Plusieurs Sherbrookois(e)s connaissent bien la forêt du parc du Bois-Beckett et celle du parc du Mont-Bellevue. Celles-ci appartiennent à la Ville de Sherbrooke (en zone de conservation intégrale). Mais des forêts, on en trouve partout sur le territoire de Sherbrooke (50 % de la superficie. Toutes des forêts privées). Elles sont concentrées en majorité dans l’arrondissement de Brompton et dans Saint-Élie.

La forêt, et surtout son exploitation durable, constitue un levier économique important, puisqu’elle crée des emplois (8 500 en Estrie). D’ailleurs, la demande pour des produits forestiers est plus grande que l’offre. Le potentiel est donc très intéressant.

« La forêt se porte bien, mais elle pourrait être un moteur économique encore plus important actuellement, indique Ken Dubé, ingénieur forestier. On ne récolte en ce moment que 50 % de la croissance annuelle forestière (soit 50 % de l’intérêt sur le capital).  Les usines, près de 150 en Estrie, oeuvrant en 1re, 2e et 3e  transformation sont en majorité à la fine pointe dans leur domaine. »

En plus d’avoir des effets positifs sur la santé psychologique et physique des gens, les forêts cultivées ont aussi des effets positifs pour la planète. Au cours de leur croissance, les arbres captent et emmagasinent le carbone. S’ils ne sont pas coupés pour l’utilisation de leur bois, les arbres se décomposent dans la nature en retournant leur carbone dans l’atmosphère.

« Les arbres individuellement et la forêt dans son ensemble jouent un rôle important pour la captation du carbone émis par les activités humaines », précise M. Dubé.

D’ailleurs, la production de l’acier et du béton a une empreinte écologique beaucoup plus grande que le matériau bois, d’où l’importance de favoriser son intégration dans les divers projets de construction et de rénovation.

 D’hier à aujourd’hui

La récolte du bois a énormément évolué au fil des époques. « Par exemple, en 1920, le couvert forestier occupait 20 à 30 % du territoire sherbrookois, explique Jean-Paul Gendron, président de l’Agence de mise en valeur des forêts de l’Estrie. À cette époque, l’industrialisation dominait. Les forêts ont été défrichées pour laisser leur place à l’agriculture.»

Au cours des années 40 et 50, c’est le début de la baisse du nombre de fermes et de l’abandon des terres agricoles moins productives. La forêt à cette époque occupait de 40 à 50 % du territoire estrien. La forêt a repris sa place de façon graduelle, par la colonisation de ces terres. La forêt occupe aujourd’hui 77 % du territoire, soit une augmentation significative de 50 % en 75 ans.

Milieu méconnu

Le secteur forestier est peu connu du public. Le défi ?

« Trouver une façon d’intéresser la population et l’amener à comprendre que la forêt se cultive, explique M. Dubé. Il faut éduquer à la fois la population et les élus. Lorsque la récolte forestière se réalise selon les règles de l’art, la durabilité de nos forêts est assurée. Il n’y a presque plus de coupes à blanc aujourd’hui. Au cours des dernières décennies, nous sommes passés de l’exploitation forestière dominée par la coupe à blanc à une récolte durable en harmonie avec les écosystèmes. À l’époque, ce n’était pas malveillant, mais les mœurs ont changé. Aujourd’hui, il y a toute la préoccupation et l’intégration des principes de la protection des sols, des cours d’eau, des habitats fauniques et de la biodiversité dans les travaux de récolte et d’aménagement forestier. »

Les métiers du secteur forestier auraient aussi avantage à être mis de l’avant. Opérateur de machinerie forestier, ouvrier sylvicole, technicien forestier, ingénieur forestier, mesureur de bois, bûcheron (abatteur professionnel), contremaitre forestier, etc ; les métiers sont nombreux et on ne manque d’emplois dans ce domaine.

 Faits intéressants :

– À Sherbrooke, le territoire forestier productif est composé à 31 % de feuillus, à 43 % de peuplements mélangés (feuillus et résineux) et à 15 % de résineux. Principales essences : érable à sucre, érable rouge, peuplier, sapin baumier, cèdre et épinette.

– On retrouve 116 producteurs forestiers reconnus sur le territoire de la ville de Sherbrooke, ce qui représente à peine 3 % des producteurs de l’Estrie et 1 % de la superficie forestière.

*Notons que pour être reconnu comme producteur forestier, il faut posséder un boisé de quatre hectares et plus, avoir un plan d’aménagement forestier et s’être enregistré auprès d’un bureau d’enregistrement.

– En Estrie, 88 % des forêts ont moins de 80 ans.

– Le territoire couvert par l’Agence forestière de l’Estrie est le deuxième en importance au Québec pour le volume de bois récolté en forêt privée.

– Entre 1993 et 2007, 40 millions d’arbres ont été reboisés en Estrie.

 

Sources : Forêt Estrie, Agence de mise en valeur des forêts de l’Estrie, Plan de développement de la zone agricole (PDZA) Sherbrooke, Ken Dubé (ingénieur forestier) et Jean-Paul Gendron, président de l’Agence de mise en valeur des forêts de l’Estrie.

 

 

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