L’industrie forestière, un milieu méconnu, mais essentiel en Estrie

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Peu connue de la population en général, l’industrie forestière a pourtant sa raison d’être et permet des retombées économiques importantes. En Estrie, on compte pas moins de 150 entreprises de première, de deuxième ou de troisième transformation, dont les renommées Kruger et Domtar. Ensemble, elles créent des milliers d’emplois…

Il faut d’abord savoir que le Québec est la deuxième province forestière au Canada, après la Colombie-Britannique. « Je suis très fier de notre trame forestière, surtout au niveau industriel, souligne d’emblée Jean-Paul Gendron, président de l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie. Le Québec a fait sa niche et nos produits sont en demande mondialement. »

L’Estrie fait très bonne figure dans l’industrie. Toutes entreprises confondues, on compte 8 500 emplois dans la région, du travail en forêt jusqu’à la confection. Parmi les entreprises mieux connues de la population en général, notons Kruger, située dans le secteur de Brompton à Sherbrooke, ainsi que Domtar, située à Winsdor, dans le Val-Saint-François.

« Compte tenu de son produit, l’usine Domtar nous permet de nous débarrasser de toutes les essences qui ne sont pas aptes au sciage, explique M. Gendron. En Estrie, nous avons une forêt jeune et il pousse à peu près n’importe quoi en termes d’essences feuillues. Heureusement, Domtar est preneur de ce bois. En fait, Domtar est l’un des plus gros acheteurs de feuillus au Québec, et même au Canada. »

Métier : réaménager des forêts  

Aujourd’hui plus que jamais, les propriétaires de boisés sont préoccupés par la santé de leur terre. Ils sont nombreux à faire appel à un entrepreneur ou à un conseiller forestier pour faire l’aménagement de leur boisé. Sur le territoire du Groupement forestier coopératif Saint-François, qui comprend les MRC de Sherbrooke et du Val-Saint-François, ainsi qu’une partie de Memphrémagog et des Sources, on dessert environ 100 propriétés par année (propriétés de plus de 10 acres ou quatre hectares).

« Notre clientèle est composée exclusivement de propriétaires de boisés privés, indique Denis Boutin, directeur général du Groupement forestier coopératif Saint-François. Il faut comprendre cependant que le réaménagement d’une forêt n’a rien à voir avec l’aménagement d’un parc. L’objectif en forêt, c’est de retirer les tiges moins en santé pour laisser plus de place aux arbres. Les branches laissées au sol se décomposent et font du compost forestier. »

Quant au bois coupé sur place? « Il est mis en marché, répond M. Boutin.  Cependant, certains arbres dans les boisés privés sont trop vieux et nous devons faire une coupe à blanc. Dans un monde idéal, on préconise la coupe de jardinage tous les dix ou quinze ans. On s’assure de cette manière une régénération de la forêt. On accélère du même coup le rythme normal d’une forêt. Par exemple, une forêt non aménagée produit un mètre cube à l’hectare par année, contrairement à une forêt aménagée qui produit entre deux et trois mètres cubes à l’hectare chaque année. »

À Sherbrooke, entre sept et neuf chantiers sont ou seront desservis cet hiver. « C’est très impressionnant comme chiffre pour une ville comme Sherbrooke », ajoute M. Boutin.

Où sont les bûcherons?

Les possibilités d’emplois sont importantes dans l’industrie forestière, mais le manque de main-d’œuvre est criant. Certains métiers n’ont plus la cote, c’est le cas du métier de bûcheron.

« Nous aimerions avoir encore des bûcherons à la souche, mais c’est une question de sécurité, explique M. Boutin. Le métier de bûcheron fait partie des trois métiers les plus dangereux, avec pilote de brousse et pêcheur de crabe. Un arbre qui tombe sur un humain, ça ne pardonne pas. La gravité des blessures est importante et même parfois fatale. Aujourd’hui, nous travaillons avec de nouvelles technologies. Nos opérateurs travaillent avec une abatteuse multifonctionnelle et un porteur, de sorte que la machine tronçonne et façonne les arbres en billots sur place. »

Saviez-vous que…

– Nous coupons moins de 50 % de la possibilité forestière estrienne. La majorité des bois transformés en Estrie provient donc de l’extérieur de la région.

– La feuille d’érable sur les billets de 20 $ n’est pas une essence indigène du Canada. Il s’agit plutôt d’une espèce envahissante, l’érable de Norvège. Par contre, la feuille sur le drapeau canadien est bien celle d’un érable à sucre.

– En 2020, l’Association forestière du Sud du Québec fête ses 75 ans. Ses bureaux ont toujours été situés sur la rue Wellington, à Sherbrooke. Son mandat est de former et d’informer la population en général.

– Les freins du métro de Montréal sont faits en bouleau jaune (plus communément appelé merisier) produit au Québec.

Pour lire d’autres histoires sur l’agriculture et la forêt d’ici, rendez-vous sur la page Facebook Agriculture Sherbrooke ou à progestion.qc.ca.

Crédit photos : Forêt-Estrie.ca et l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie.

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