Mission: sensibiliser la population au haut taux de détresse psychologique chez les agriculteurs

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La détresse psychologique est beaucoup plus importante chez les agriculteurs que dans la population en général. Ceux-ci doivent composer avec plusieurs facteurs qui mènent à l’épuisement et au stress, tels que l’isolement et les préjugés face à leur métier.

En Estrie, depuis 2017, une travailleuse de rang est disponible pour les agriculteurs dans le besoin. Ce service est offert par l’organisme québécois Au cœur des familles agricoles (ACFA), qui, depuis 2003, a pour mission de faire de la prévention en santé mentale auprès des agriculteurs du Québec et de leurs proches. Aujourd’hui, plusieurs régions de la province ont leur propre travailleuse de rang.

« Mon rôle est de faire de la prévention auprès des agriculteurs, explique Rachelle Houle, travailleuse de rang pour la région de l’Estrie. Je soutiens et j’accompagne aussi les personnes qui ont été référées ou qui ont fait une demande auprès de l’organisme ACFA. J’évalue leurs besoins, je les écoute et je fais de la recherche de solutions. L’organisme a aussi une maison de répit, qui offre aux agriculteurs de venir se reposer quelques jours », poursuit-elle, précisant que les services sont gratuits et confidentiels.

À ce jour, les agriculteurs qui consultent sont âgés de moins de 55 ans. Cependant, on multiplie les efforts pour rejoindre aussi les agriculteurs plus âgés, moins enclins à demander de l’aide.

Une réalité peu connue

Sensibiliser la population face à ce haut taux de détresse psychologique fait aussi partie de la mission de l’organisme ACFA. Des recherches démontrent que la détresse psychologique est plus importante chez les agriculteurs (51 %) que dans la population en général (20 %). Le taux de suicide est aussi deux fois plus élevé chez les producteurs.

Pour plusieurs personnes loin du milieu de l’agriculture, le quotidien des producteurs n’a rien de bien sorcier. Après tout, ils sont leur propre patron, travaillent à la maison et profitent du chaud soleil en saison estivale. Mais la réalité est tout autre.

« Les agriculteurs vivent beaucoup de stress et d’épuisement, indique Rachelle. Ils travaillent 7 jours sur 7, ils sont tributaires de la météo et composent avec les intempéries, ils doivent vivre avec les impacts de l’instabilité des marchés agricoles, ils vivent beaucoup d’isolement par leur travail, certains ont des conflits familiaux en raison des mésententes liées à la gestion de la ferme, en plus de devoir composer avec les difficultés de trouver de la main-d’œuvre ou de ne pas pouvoir se permettre financièrement d’avoir de la main-d’œuvre. »

Les agriculteurs doivent aussi composer avec la pression sociale, les opinions préconçues et les nombreux préjugés face à leur métier. « Certains se font traiter de pollueurs, de tueurs d’animaux, déplore Rachelle. Mais ce sont des métiers importants. Les producteurs alimentent la population. »

Plusieurs personnes s’imaginent aussi que les agriculteurs ont un portefeuille bien garni. Cette idée préconçue est bien loin de la réalité pour une majorité de producteurs. « Ils peuvent paraître riches en biens à cause de leur vaste terrain et de leurs gros bâtiments, mais la plupart ont énormément de dettes. Il y a beaucoup de choses à payer, sans compter les imprévus en raison de la météo et les bris mécaniques. »

Pour en savoir plus sur l’organisme Au cœur des familles agricoles ou pour demander de l’aide, visitez le acfareseaux.qc.ca.

Rappelons que la Ville de Sherbrooke retient les services de Pro-Gestion Estrie pour contribuer au développement du secteur agroalimentaire sur son territoire, par la mise en œuvre de divers projets, dont celui de mettre de l’avant l’agriculture et la forêt.

Rachelle Houle, travailleuse de rang

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