Profession : vigneron passionné

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Le vignoble sherbrookois La Halte des Pèlerins a planté ses premières vignes en 1998. À l’époque, le quatuor familial (Marco Corbin, Geneviève Chabot et ses parents France et Jacques Chabot) ne se doutait pas que le projet allait prendre le chemin du succès…

C’est au milieu des années 1990 que Jacques Chabot et son partenaire d’affaires, feu Raymond Lambert, ont acheté la terre de 45 acres sur le Chemin du Sanctuaire. À cette époque, le projet privilégié était un développement domiciliaire destiné aux professionnels du CHUS. Le projet d’un vignoble était tout de même dans l’air, puisqu’en terme d’ensoleillement et de relief, l’endroit était parfait. De plus, les vignobles faisaient tranquillement leur entrée au Québec.

L’arrivée dans ce projet de Marco Corbin et de Geneviève Chabot a fait pencher la balance du côté du vignoble. En 1998, 300 vignes ont été plantées. Les premières bouteilles ont été vendues en 2008. Il faut dire que la période entre la plantation des vignes et la mise en marché de la production est plutôt longue.

« Lorsque nous avons démarré le vignoble, explique Marco Corbin, j’étais gérant de projet dans le milieu de la construction. Lorsqu’on se lance en affaires, on sait qu’il y aura au départ une baisse de salaire et ce côté nous insécurisait. Mais en 2008, j’ai pris la décision de me concentrer entièrement au vignoble. Par contre, je ne me doutais pas que le vignoble allait connaitre autant de succès. C’est drôle où la vie peut nous mener parfois! »

Une décision que M. Corbin ne regrette pas. Ce dernier, qui a baigné toute sa vie dans un milieu agricole puisque son grand-père possédait un verger à Frelighsburg, avait visiblement le profil pour le métier. Aujourd’hui, la Halte des Pèlerins connait un remarquable succès au Québec, mais aussi à l’extérieur de la province et même à l’étranger, grâce au  développement agrotouristique.

« Nous sommes distribués dans plus de 200 SAQ au Québec, dans de nombreuses épiceries, ainsi que dans certains restaurants (Savo, Brasserie Fleurimont, resto-brasserie Le Dauphin, entre autres). Nous produisons environ 40 000 bouteilles par année pour le moment, mais nous produirons plus de 60 000 bouteilles lorsque toutes les vignes seront en production. Notre clientèle est locale à 20 % (40 km et moins de Sherbrooke), et 60 % proviennent du reste du Québec. On compte 10 % de clients provenant du reste du Canada et 10 % de l’étranger. »

 

Dur, le métier de vigneron au Québec?   

Au cours des dernières décennies, l’industrie viticole québécoise a eu à s’adapter. Oui, l’industrie est jeune (le plus ancien vignoble au Québec a fêté ses 40 bougies en juin). Oui, nos hivers rigoureux demandent des ajustements, mais non, le métier n’est pas plus difficile qu’ailleurs dans le monde, précise M. Corbin.

« Chaque terroir à ses particularités et on n’y échappe pas. Notre défi au Québec concerne les gelées mortelles. Il a donc fallu s’adapter, entre autres avec des toiles géotextiles. L’industrie est encore très jeune, mais nous sommes un peuple qui apprend très vite. »

En ce moment, La Halte des pèlerins compte environ 30 000 vignes en terre. Pas moins de 12 000 ont été plantées récemment.

Et quels sont les projets à court, moyen ou long terme pour le vignoble sherbrookois? D’abord, il y a l’aspect familial qui se dessine encore plus maintenant.

« Nos deux filles, Raphaëlle 15 ans et Naomi 18 ans, veulent travailler dans l’entreprise. D’ailleurs, Naomi étudie présentement en gestion et technologies d’entreprise agricole au Cégep de Sherbrooke. C’est motivant et vraiment agréable de voir qu’il y aura une relève à notre entreprise. Nous commençons aussi à travailler la viticulture biologique. Nous voulons que tous nos produits deviennent bio à moyen terme. La méthode culturale est très différente, mais ma fille s’intéresse beaucoup à l’approche biologique par ses études. »

Notons que La Halte des Pèlerins produit des vins blancs, rosés et rouges, ainsi que des vins apéritifs, fortifiés et de glace. Toutes les recettes sont créées par Marco. Sur place, le public peut prendre part à des dégustations et des visites guidées, entre autres. L’endroit est aussi disponible pour des mariages et des événements corporatifs. Notons que le public est invité à venir faire les vendanges tous les samedis et dimanches du mois d’octobre.

Puis, dans un avenir plus lointain, les propriétaires n’excluent pas la possibilité d’ajouter le créneau brassicole à leur production.

 

Pour plus de détails sur cette entreprise sherbrookoise, visitez haltedespelerins.com.

Pour découvrir d’autres producteurs d’ici, rendez-vous sur la page Facebook Agriculture Sherbrooke ou sur le progestion.qc.ca.

 

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