Spécialiste émérite de la trufficulture, de la production d’arbres et de la végétalisation

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Fondée il y a dix ans, l’entreprise sherbrookoise Arborinnov se distingue par ses trois créneaux bien distincts. Elle produit et pose des arbres sur mesure, elle propose une méthode unique pour la réhabilitation de sites contaminés et produits des plants truffiers afin de développer un marché spécialisé dans un domaine rare et prometteur.

Détenteur d’un baccalauréat de l’Université de Sherbrooke en biologie, Jérôme Quirion a choisi de suivre les traces de son père, un agriculteur spécialisé aussi en biologie. Sa passion pour l’agroforesterie, ses préoccupations environnementales et son désir de toujours innover l’ont mené à créer l’entreprise Arborinnov en 2009.

Parmi ses trois créneaux, il y a celui de la production et de la pose d’arbres, tels que les cèdres (plus de 30 000 cèdres à haie en production), les épinettes et le noisetier. Arborinnov est aussi expert dans la production de plants symbiotiques; un volet dédié à la végétalisation et à la réhabilitation des sites contaminés et/ou perturbés par l’homme ou la nature.

« On propose à nos clients de valoriser leurs terres, souligne Jérôme. On gère tout, des travaux de préparation du sol jusqu’à la plantation d’arbres. »

La recherche et l’innovation sont aussi des aspects très importants dans l’entreprise, ce qui permet de maximiser les services. « Nous poussons la recherche pour être toujours plus performants, plus rentables et pour offrir une valeur ajoutée à nos produits », précise le fondateur propriétaire.

Notons aussi que Jérôme a coinventé, en compagnie du professeur Sébastien Roy et son équipe de l’Université de Sherbrooke, la technologie SherPAQ. Cette méthode unique permet la plantation sur des sites hostiles et stériles en utilisant des baluchons biodégradables.

Le merveilleux monde de la trufficulture

On dit que pratiquer la trufficulture est un art. Dans ce cas, le fondateur et propriétaire d’Arborinnov Jérôme Quirion affine son art depuis plusieurs années. Ce champignon très prisé des gastronomes ne pousse pas sur n’importe quel type de sol et les plants truffiers doivent être soumis à différentes étapes de contrôle qualité bien précises, dont la sélection des semences et des truffes, l’inspection régulière des plants et l’analyse microscopique des mycorhizes, qui permet d’établir une symbiose entre le champignon et l’arbre.

C’est que contrairement à plusieurs espèces de champignons, la truffe doit être en symbiose avec les racines de l’arbre pour se développer. « Les agriculteurs et les scientifiques utilisent les techniques de mycorhization pour augmenter leur rendement », précise Jérôme.

Il existe plusieurs espèces de truffes, une cinquantaine en Amérique du Nord, mais à peine quelques-unes sont cultivées. En raison du climat québécois, le nombre d’espèces cultivées ici est encore moindre.

Arborinnov s’est tourné vers trois espèces particulièrement recherchées en gastronomie, soit la Bourgogne, la Bianchetto ainsi que la truffe des Appalaches. Cette dernière est indigène du nord-est de l’Amérique du Nord. « Nous sommes les seuls sur la planète à cultiver la truffe d’Appalaches. »

L’entreprise, située sur un terrain d’environ 30 acres, grandit sans cesse. Depuis ses tout débuts, elle loue des terres à différents endroits (une cinquantaine d’acres), pour la production de truffes. Jérôme Quirion est d’ailleurs toujours à la recherche de partenaires d’affaires (au Québec et aux États-Unis) pour implanter d’autres truffières. Une analyse de sol est d’abord nécessaire et si le terrain est propice à la culture de truffes, le projet est enclenché.

On pourrait facilement croire qu’Arborrinov obtient un bon rendement avec ses récoltes de truffes, mais il faudra encore patienter.

« Tout ce que nous récoltons pour le moment sert à ensemencer de nouveaux plants, afin de faire encore plus de truffières, explique Jérôme. La truffe est rare, dispendieuse et l’offre est beaucoup plus faible que la demande. C’est un processus très long. On veut en faire la commercialisation un jour, mais ce ne sera pas possible dans les prochaines années. »

Amateurs de truffes, foodies et restaurateurs… il faudra donc encore patienter!

Pour en savoir plus sur cette entreprise : arborinnov.com.

Pour lire d’autres histoires de producteurs d’ici, rendez-vous au progestion.qc.ca ou sur la page Facebook Agriculture Sherbrooke.

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