Une nouvelle chance par la réinsertion au marché du travail

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L’entreprise Multi-Comptoirs collabore de manière sporadique avec l’organisme Au Pont de bois Ébénisterie, qui favorise la réinsertion au marché du travail par une formation dans le domaine de l’ébénisterie. Le constat? Donner une deuxième chance peut être très bénéfique, autant pour l’employé que pour l’employeur…

Entité de l’organisme à but non lucratif Récupex et fondée en 1988, Au Pont de bois Ébénisterie propose une formation de 26 semaines à des adultes sans emploi, dans le but de faciliter l’intégration ou la réinsertion sur le marché du travail. Sept certificats de formation à un métier semi-spécialisé (CFMS) sont accessibles, dont aide-ébéniste, aide-ouvrier et aide-camionneur.

José Over Arce Saavedra a suivi la formation offerte par Au Pont de bois peu de temps après son arrivée au Québec. Originaire de la Colombie, José ne parlait pas français, ce qui le limitait énormément tant au niveau du travail qu’au niveau du développement de sa vie sociale. Il a intégré l’équipe de l’entreprise sherbrookoise Multi-Comptoirs il y a huit ans.

« Au Pont de Bois Ébénisterie nous a approché pour nous parler de leur mission et nous proposer les services de personnes ayant complétées leur formation d’aide-ébéniste », raconte Bernard Bergeron, copropriétaire de Multi-Comptoirs, une entreprise spécialisée dans la fabrication de comptoirs et de portes, ainsi que dans la vente de produits de quincaillerie, qu’il a fondé il y a 11 ans avec son partenaire d’affaires Serge Leblanc.

Non sans effort, l’intégration de José s’est bien déroulée. « José n’avait jamais eu de métier manuel auparavant, poursuit M. Bergeron. Sa formation Au Pont de bois l’a donc beaucoup aidé. Dès son arrivée, nous avons réussi à obtenir une subvention pour qu’il puisse améliorer son français et mieux communiquer avec l’équipe. Il a aussi reçu un diplôme en ébénisterie, ce qui a aidé à sa confiance et l’a motivé à s’améliorer continuellement. José est un employé extrêmement fidèle et travaillant. »

Il y a trois ans, c’était au tour de Gilles de se joindre à l’équipe de Multi-Comptoirs, après sa formation au Pont de bois Ébénisterie. « Il a été accompagné dans sa réadaptation sur le marché du travail à la suite d’un problème de santé, explique le copropriétaire Serge Leblanc. Il a certaines restrictions physiques et ne peut faire que 75 % de son travail. Pour le reste, on compense. Ça vaut la peine puisqu’on peut compter sur lui, c’est un bon employé. »

Il y a quelques semaines, Daniel, qui vient de compléter sa formation Au Pont de bois Ébénisterie, s’est joint à l’équipe. Il s’agit d’un parcours de réinsertion sociale à la suite de différentes épreuves dans sa vie. « De notre côté, nous avons besoin de main-d’œuvre, mais on veut aussi donner une chance à des gens qui en ont besoin, indique M. Leblanc. Je pense que Daniel est sur le bon chemin. Il travaille bien et il veut apprendre. »

Le directeur général de Récupex et Au Pont de Bois, Benoit Fontaine, souligne que « 50 à 60 % des adultes qui suivent la formation de 26 semaines retournent sur le marché du travail par la suite. Une fois que la personne est réintégrée, on peut compter 22 mois de travail pour repayer ce qu’il en a coûté à la société pour la formation. »

Notons qu’Au Pont de Bois Ébénisterie est la seule entreprise d’insertion de l’Estrie à être reconnue par Québec. Notons que la moitié de sa clientèle est issue de l’immigration.

Diversifier sa main-d’œuvre

Serge Leblanc et Bernard Bergeron sont conscients que les difficultés de recrutement sont plus présentes aujourd’hui qu’il y a dix ans.

« Puisqu’il y a un fort bassin d’emplois, les gens choisissent davantage et mettent immédiatement leurs conditions, indique M. Bergeron. Les liens d’appartenance sont quasi inexistants. Peut-être qu’il y a eu de l’abus de la part de certains employeurs à une autre époque. Par exemple, lorsqu’un employé faisait une demande ou un commentaire à son patron, il se faisait répondre de quitter l’entreprise s’il n’était pas content, qu’il était facilement remplaçable. À une certaine époque, les employeurs avaient le gros bout du bâton et certains en ont abusé. »

Ici, comme pour bien d’autres entreprises, il n’y a pas de pile de CV sur le bureau des ressources humaines. La main-d’œuvre se fait de plus en plus rare. La solution pour garder leurs employés? « On essaie de créer un lien d’appartenance et des valeurs d’entraide, répond M. Bergeron. Si quelqu’un a du retard dans son travail, on encourage les autres à aller l’aider, et vice versa. Nous sommes une petite équipe (13 employés) et nous ne sommes pas là pour compétitionner entre nous. Au contraire, c’est un travail d’équipe. On doit aussi tous s’adapter aux autres cultures et aux différences. »

« Multi-Comptoirs est une entreprise qui a beaucoup d’empathie et j’aime collaborer avec eux », renchérit le directeur général de Récupex et Au Pont de Bois Ébénisterie.

Cliquez ici pour en savoir plus sur l’entreprise sherbrookoise Multi-Comptoirs. Pour en savoir plus sur l’organisme Au Pont de Bois Ébénisterie, cliquez ici.

Pour découvrir d’autres entreprises d’ici, rendez-vous sur progestion.qc.ca. Notons que Uma est un service de Pro-Gestion Estrie qui accompagne les entreprises dans le processus d’embauche, d’intégration et de rétention de la main-d’œuvre sous-représentée sur le marché du travail. Au Pont de Bois Ébénisterie est un partenaire important du service Uma.

Sur la photo, José Over Arce Saavedra entouré de Serge Leblanc et Bernard Bergeron, propriétaires de Multi-Comptoirs.

 

 

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