Cellule de réflexion «Sports et cours spécialisés» : des propriétaires résilients, mais impatients de reprendre leur passion en présentiel

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Après les restaurateurs, les tenanciers de bars et les acteurs du milieu des arts et de la culture, c’était au tour des entrepreneurs du milieu des sports, de l’entraînement et des cours spécialisés à échanger sur leur réalité en temps de COVID-19,  à l’occasion d’une cellule de réflexion virtuelle, organisée par Pro-Gestion Estrie, dans le cadre de son nouveau service ENTR+AIDE.

Propriétaires, entraîneurs et enseignants spécialisés dans des domaines tels que la santé globale, le fitness, les arts martiaux, le yoga et le CrossFit, mais aussi des écoles de danse, de musique et de langues, entre autres, étaient invités à prendre part à cette dernière cellule de réflexion de l’année, afin d’échanger sur leur réalité, leurs problématiques et leurs inquiétudes  en temps de pandémie.

Les derniers mois ont été très difficiles pour les centres d’entraînement et les écoles spécialisées qui doivent composer avec des préoccupations complexes à bien des égards. La fermeture obligatoire de trois mois au printemps et la récente fermeture causée par la zone rouge ont fait mal. Très mal. Les cours et entraînements sur place ont dû être troqués par l’activité en ligne.

« Les gens sont moins motivés à s’entraîner en ligne, indique un propriétaire participant. On essaie de ramener cette motivation et promouvoir l’activité physique, mais ce n’est pas évident, car la santé mentale est aussi affectée en ce moment. »

Pour certains propriétaires participants, les pertes liées à la fermeture physique de leur commerce sont importantes. « J’ai perdu 80 % de ma clientèle, principalement des débutants, puisqu’ils n’étaient pas encore fidélisés, indique un participant propriétaire d’une école dans le milieu du sport. La réouverture à la fin du printemps a donné un souffle nouveau et a eu un effet positif pour moi, mais la récente fermeture fait mal une fois de plus. Le problème, c’est que les cours en ligne ne sont pas aussi attrayants. Les parents ne sont pas intéressés à payer pour des cours en ligne, ce qui est compréhensible. Donc je ne pense pas accueillir de nouveaux clients en janvier. »

Pour un autre propriétaire sensiblement dans le même domaine, les cours en ligne ont aussi été la solution privilégiée, mais il précise que cette option sert davantage à rester en contact avec sa clientèle, qu’à augmenter les revenus.

« L’intérêt des clients pour les cours en groupe sur Zoom n’est pas resté bien longtemps. On a donc dû se tourner vers une formule en ligne encore plus personnalisée. En ce moment, environ 50 % de ma clientèle est restée. On essaie donc de mettre toute notre énergie sur ces personnes en les dorlotant et en leur offrant du temps personnalisé (One-on-One). On ne fait pas d’argent de cette manière, mais l’important c’est de garder le lien avec les clients et ne pas se faire oublier. On doit se demander: est-ce qu’on peut faire quelque chose pour les stimuler et pour rendre les cours en ligne plus agréables? Comment peut-on s’y prendre pour faire revenir les abonnés qui nous ont quittés? », se demande le propriétaire, précisant ne pas s’attendre non plus à avoir de nouveaux clients en janvier en raison de la situation.

« Nous vendons une communauté, une approche qui se démontre difficilement en ligne », poursuit un autre participant.

Résilience, en attendant le retour à la normale

« À part dans certaines circonstances exceptionnelles, on oublie l’importance du présentiel dans ces entreprises, indique Charles-Olivier Mercier, directeur général de Pro-Gestion Estrie et de Commerce Sherbrooke. Les alternatives, bien qu’existantes, sont encore à peaufiner pour offrir une expérience équivalente à la clientèle. Les défis sont énormes. Et le principal est sans doute d’arriver à se rendre financièrement jusqu’au jour où l’on pourra retourner dans les salles de cours et d’entraînement. »

Les participants ont démontré une grande résilience face à la situation actuelle à laquelle ils sont confrontés. Tous s’entendent pour dire que la période sans confinement (de juin à novembre) leur a permis de respirer à nouveau, puisque les clients étaient au rendez-vous. Le succès a été tel que certains ont même dû engager de nouveaux employés pour répondre à la demande. C’est le cas d’un des participants, copropriétaire d’une école de musique à Sherbrooke.

« Le déconfinement du printemps a été super bon pour nous! Nous avons même engagé un nouveau professeur. Mais le retour en zone rouge nous ramène en arrière. Heureusement, une bonne partie des élèves ont accepté de poursuivre les cours en ligne. Nous travaillons aussi sur des projets supportés par Pro-Gestion Estrie et Commerce Sherbrooke, dans le cadre des services de la Boussole numérique et du Fonds Pionniers. Nous voulons créer des capsules auxquelles les gens pourraient s’abonner. Lors du premier confinement, nous avons organisé un concours de musique en ligne, ce qui a permis de motiver un peu les gens. »

Plusieurs autres idées et initiatives ont été réalisées depuis mars dernier par les participants, alors que d’autres ont été proposées au cours de la cellule de réflexion. « Nous offrons la possibilité de louer des équipements et nous voulons aussi créer un concept d’abonnement pour la location », souligne l’un d’entre eux. « J’ai organisé un championnat de karaté virtuel qui a été très apprécié. Ce concept pourrait peut-être s’appliquer à d’autres disciplines? », lance un autre participant. « Puisque la partie clinique de mon entreprise est encore ouverte, nous offrons aux clients la possibilité de convertir leur abonnement en service clinique », poursuit un propriétaire.

Rappelons que des ressources pour venir en aide aux entrepreneurs touchés par la pandémie ont été mises en place, soit le service gratuit de la Boussole numérique, pour aider les commerçants à faire la transition vers la vente en ligne ou pour optimiser leur offre numérique, ainsi que le programme ENTR+AIDE, qui offre gratuitement du soutien individuel ou en groupe et de l’aide technique. Du soutien financier est aussi disponible, dont le programme d’aide d’urgence pour petites et moyennes entreprises (PAUPME), le volet Aide aux entreprises en régions en alerte maximale (AERAM), ainsi que le Fonds Pionniers, qui a pour but de soutenir des entreprises qui désirent développer un nouveau projet à valeur ajoutée.

 

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