Les restaurateurs sherbrookois en zone «OUVERT» et en mode solution

Partager

Une vingtaine de restaurateurs sherbrookois ont accepté l’invitation de Pro-Gestion Estrie de prendre part à une cellule de réflexion sur les enjeux qui affectent le milieu de la restauration, en cette période de pandémie qui perdure depuis presque huit mois. Cette table ronde, qui se déroulait en ligne mercredi, a été prolifique à bien des égards.

Afin de bien comprendre le message des restaurateurs et en tenir compte dans les prochaines actions à mener, des membres des équipes de Pro-Gestion Estrie, de Destination Sherbrooke et de l’Association des restaurateurs du Québec ont pris part à cette première cellule de réflexion. L’activité a porté ses fruits et des pistes de solutions ont été identifiées.

Première action qui doit être mise en branle ; revoir le message adressé à la population. Alors que le gouvernement demande à une majorité de la population du Québec de ne pas sortir dans les restaurants, peu importe la couleur d’alerte, les restaurateurs sherbrookois constatent un manque à gagner en salle. Rappelons que l’Estrie est en zone orange (voire même orange très pâle selon certains spécialistes), ce qui fait que les restaurants et les bars sont toujours ouverts à la population.

Selon les restaurateurs participants à la cellule de réflexion, le discours doit changer, puisque les restaurants sherbrookois respectent les normes sanitaires imposées par notre gouvernement en temps de COVID-19.

« Présentement, inviter les gens à fréquenter les endroits publics est mal vu socialement », fait remarquer l’un des restaurateurs. « Nous marchons sur des œufs. »

Et comment peut-on changer ce message? « Nous devons bâtir ensemble un message fort pour dire aux gens que nos restaurants sont ouverts et sécuritaires. C’est aussi une manière d’être plus solidaires entre nous. »

Autrement dit; oui, Sherbrooke est en zone «Orange», mais les restos, eux, sont en zone «Ouvert».

Garder sa clientèle, garder son équipe, garder le moral!

Les effets de la deuxième vague sont bien différents de ceux de la première, particulièrement en ce qui a trait au moral. « La première vague a été prise par plusieurs comme une pause, un moment de répit, mais la situation est bien différente aujourd’hui », expliquent les propriétaires.

Le moral des troupes a en effet descendu de quelques crans au fil des mois. La bonne gestion des ressources humaines devient doublement importante, notamment pour garder les employés.

Quant à la notion d’espace en salle, les propriétaires de restaurants avec service aux tables ont bien géré la situation et se sont adaptés (espaces de deux mètres entre les tables, panneaux en plexiglas, agent sanitaire sur place, etc.), mais le manque à gagner en salle à manger reste tout de même important pour plusieurs. La solution pour pallier ce manque est donc le service de livraison et de commandes pour emporter.

Mais est-ce que ce genre de services ne réduit pas directement l’achalandage en salle à manger? peut-être, répondent certains employeurs, mais il s’agit là d’une solution pour réduire le manque à gagner. D’ailleurs, l’événement annuel « Sherbrooke met la table » a été troqué pour « Sherbrooke pour emporter » cette année. Selon Destination Sherbrooke, les chiffres démontrent la volonté des Sherbrookois d’encourager leurs restaurants locaux.

« Sherbrooke pour emporter a généré 7 500 visites sur le site de Destination Sherbrooke, pour voir l’offre des restaurants. Le site a été principalement visité par des Sherbrookois ou des gens de la région, indique Marie-Claude Vidal, de Destination Sherbrooke. Pour Noël, nous voulons aussi mettre de l’avant toutes les offres des restaurants, afin d’encourager l’achat de chèques-cadeaux. »

Cette idée de carte cadeau a aussi fait son chemin du côté de l’Association  des restaurateurs du Québec. « Nous avons eu aussi cette idée au niveau provincial, indique Martin Vézina, responsable des communications et des affaires publiques à l’Association. Puisque les partys de Noël n’auront pas lieu de la même façon, cette année, pourquoi ne pas offrir des cartes cadeaux de restaurants? Ceci permettrait une rentrée de revenus pour nos commerçants. »

Enfin, les restaurateurs s’inquiètent aussi pour leurs collègues du milieu des arts et des spectacles et tiennent à les encourager. Parmi les idées proposées, notons les soupers-spectacles dans les restaurants et la décoration des vitrines de restaurants signée par des artistes.

ENTR+AIDE, pour les entrepreneurs

Il s’agissait, mercredi, d’une première cellule de réflexion mise sur pied par Pro-Gestion Estrie, dans le cadre de son programme ENTR+AIDE. D’autres cellules de réflexion auront lieu dans les prochaines semaines. Les tenanciers de bars, ainsi que d’autres commerces de service pourront ainsi discuter avec leurs confrères des défis auxquels ils sont confrontés depuis le début de la pandémie, dans le but d’apporter des solutions.

Rappelons qu’ENTR+AIDE a été mis sur pied grâce à une somme additionnelle accordée à Pro-Gestion Estrie et octroyée par Développement économique Canada (DEC), par l’entremise du Fonds d’aide et de relance régionale (FARR). Parmi les services offerts, notons de l’aide pour accomplir un bilan financier, du soutien pour briser l’isolement, des groupes de codéveloppement, ainsi que des cellules de réflexions sur les enjeux actuels.

Photos : Prises au Pizzicato, par Camille Girard, ainsi que par Alexandre Côté, propriétaire.

 

 

Partager

Articles récents

Actualités

Une vie bien remplie à Sherbrooke

27 novembre 2020

Actualités, Relance

Des tenanciers de bars résilients, mais inquiets face à l’avenir de leur commerce

19 novembre 2020

Articles Reliés

Actualités

Une vie bien remplie à Sherbrooke

27 novembre 2020

Actualités, Relance

Des tenanciers de bars résilients, mais inquiets face à l’avenir de leur commerce

19 novembre 2020
Toutes les publications